Mais le linge aux senteurs d’Iris, s’il les dénude, — 1890 (18)

Ernest Raynaud Les cornes du faune

Les cornes du faune

V
« Et je n’ai pas parmi les langueurs de la chambre,
La crainte d’avilir l’orgueil de mon baiser
Si j’arrête ma lèvre à vos fossettes d’ambre! »
Albert Mérat

Mais le linge aux senteurs d’Iris, s’il les dénude,
Révèle, pour en mieux aviver la pâleur,
Aux méplats, un léger soupçon de soie en fleur,
Deux lobes, sans, en eux, rien de lâche ou de rude.

Les soirs dolents d’Eté n’ont pas leur quiétude,
Ni la voile qui s’enfle au large leur ampleur,
Ni ta joue où pourtant la tristesse s’élude

Les fossettes de leur sourire ensorceleur.

De chair, croît-on, pétrie avec de la lumière
Leur charme opère en moi de façon coûtumière,
Leur modelé détient mille grâces et plus!
Aussi de quels transports est-ce (ô dieux!) que j’accueille
Ces jumelles splendeurs où, dans des temps voulus,
La plaisante églantine indolemment s’effeuille!

Q14 – T14

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *