Ils sont si monstrueux ces démons de bataille, — 1916 (1)

– Jean Aicard in Les sonnets de la guerre (ed. Marie-Rose Michaud- Lapeyre) Allemagne au-dessus de tout Ils sont si monstrueux ces démons de bataille, Leur orgueil dans la honte est si démesuré, Leur génie criminel est si bien démontré, Que l’on ne trouve pas d’épithète à leur taille! Tous les noms flétrisseurs vont bien, […]

Sur un soir transparent comme une porcelaine — 1914 (5)

– Vincent Muselli Les travaux et les jeux Paysage Sur un soir transparent comme une porcelaine L’artiste a dessiné cigognes et pigeons; Entre quatre arbres droits il a tendu la plaine, Et dans l’émail des lacs incrusté l’or des joncs. Des roseaux minces et frêles: un scarabée Y grimpe; un bourdon ronge une feuille à […]

Comme un vaisseau plein d’or s’en revient lentement — 1913 (14)

– Charles d’Olonne Nouvelles heures chantantes L’alexandrin du sonnet Comme un vaisseau plein d’or s’en revient lentement Du Pérou, du Far-West ou du sud de l’Afrique, Le lourd alexandrin, d’un rythme magnifique, Apporte des lointains un royal chargement. Ce trésor, ce n’est pas les six pieds seulement, La césure correcte et la rime classique; C’est […]

L’ennui tombe sur moi comme un lourd crépuscule. — 1911 (9)

– Léonce Cubelier de Bagnac La naissance du verbe La lampe L’ennui tombe sur moi comme un lourd crépuscule. Ma chambre est pleine d’ombre & mon cœur est désert. Espoirs, regrets, désirs, tout est mort ! et dans l’air, Je ne sais quoi de morne et de glacé circule. Mon âme, où tout le deuil des […]

Tes yeux vagues se font, à présent, si lointaine — 1911 (8)

– Léonce Cubelier de Bagnac La naissance du verbe Tes yeux vagues Tes yeux vagues se font, à présent, si lointaine Que, pèlerin errant aux routes du bonheur, Mon désir amoureux va mourir de langueur, Avant d’atteindre l’ombre à la claire fontaine De ta bouche, oasis de baisers déjà pleine … Pourquoi cet air indifférent, […]

Le soleil, par degrés, de la brume émergeant, — 1901 (8)

– Albert Samain – Le chariot d’or Matin sur le port Le soleil, par degrés, de la brume émergeant, Dore la vieille tour et le haut des mâtures; Et, jetant son filet sur les vagues obscures, Fait scintiller la mer dans ses mailles d’argent. Voici surgir, touchés par un rayon lointain, Des portiques de marbre […]

Le ‘dernier cri » lancé dans la haute élégance, — 1901 (7)

– Eléonore de Mérinval – Hontes humaines – sonnets satiriques et réalistes – Les Lions Le ‘dernier cri » lancé dans la haute élégance, Les Arts, les écrits neufs, la fourbe ‘manigance’ Que crée un ‘grand courant’ politique et mondain Est l’œuvre des Lions au pointilleux dédain. Ils se montrent grassets, superbes d’arrogance; Portent de ‘l’inédit’ […]

Combien le créateur est bon! Nous dit en chaire — 1897 (15)

– H. Raphaël Lejoindre Versifications nouvelles Sonnet Combien le créateur est bon! Nous dit en chaire Le théologien; l’impie ose au-dessous Objecter qu’il permet mille maux et la guerre, Que s’il créa les fleurs, il créa les jaloux, Et que pour chaque sainte il créa bien des fous, Des brutaux, des tueurs, des tigres et […]

Il faut que vous ayez bien regardé les cieux — 1896 (15)

– Lafon in  L’année des poètes L’aveu Il faut que vous ayez bien regardé les cieux Pour que leur tendre azur ait déteint dans vos yeux ; Il faut que vous ayez bien embrassé des roses Pour qu’elles aient saigné sur vos lèvres mi-closes. Combien de blonds genêts, quand vous passiez près d’eux, On offert leur […]