Non. Ce n’est pas vrai. Vous êtes très bonne, — 1894 (13)

– Verlaine Dédicaces (2ème ed.) A *** Non. Ce n’est pas vrai. Vous êtes très bonne, Très sobre de paroles dures vraiment Et votre verbe est un pur liniment Tout en voyelles sans la moindre consonne. C’est la cause pourquoi je vous pardonne Quelque vivacité dite éventuellement Et sûrement dans le juste moment Où je […]

Pourvu que tu me sois docile et ponctuel, — 1893 (7)

Romain Coolus in Revue Blanche V Le précédent sonnet agit comme un révulsif. L’Aimée ne confisque plus ses adorables  pieds. Elle a de vagues consentements disséminés un peu partout sur elle. Mais ses yeux sont significatifs et imposent de strictes conditions, les ordinaires. Ce qu’ils ukasent: Pourvu que tu me sois docile et ponctuel, Qu’à […]

Rasant les murs du port, passent trois matelots. — 1889 (10)

– Marcel Schwob Oeuvres de Jeunesse Singeries, *** Rasant les murs du port, passent trois matelots. Le loustic de la bande a dans une bataille Attrapé sur le nez une profonde entaille, Il rit et bat à coups de poings les volets clos. Sous l’obscure lueur sanglante des falots, Une hôtesse ventrue à mine de […]

L’homme est seul, l’homme est faible. Il doit, pour se nourrir, — 1888 (31)

Alfred Jarry Ontogénie Misère de l’homme, I L’homme est seul, l’homme est faible. Il doit, pour se nourrir, Asservissant le sol aux moissons réfractaire, Diriger la charrue et cultiver la terre, Sinon, le pain lui manque, et l’homme doit mourir. Il ensemence un champ, et le blé salutaire Germe dans les sillons qu’il commence à […]

Le noir effondrement des ténèbres premières — 1888 (19)

Charles Cros – Le Collier de griffes (L’évocation des endormis) Il faisait chaud à tomber, dans le salon.  Au milieu, devant la table et sous la lampe, une petite blonde contrefaite et phtysique écrit au crayon sur un cahier. Un monsieur, cheveux poivre et sel, rouge sur sa cravate blonde, tête à passions (pas en […]

C’est un écran jaune pipi — 1886 (7)

– Charles Vignier – Centon – Ecran C’est un écran jaune pipi Où dans le ciel de pure olive Le soleil qui fort l’enjolive Arrondit sa pomme d’api. Sur un éléphant archi-rose Juché, le mandarin poussah Du bout de son rotin poussa Tel rideau tissu d’argyrose. Jonque frêle d’où quelques fleurs Piquent des yeux écornifleurs […]

Cette fois, je ne puis vous écouter sans rire. — 1883 (23)

Ernest d’Orlanges Poésies naturalistes Une fille à un vieux Cette fois, je ne puis vous écouter sans rire. Continuez, très cher, vous avez de l’esprit Qui dans votre cerveau de soixante ans fleurit Comme au sein d’un poète éclorait une lyre. Vous m’appelez sirène, et vous osez me dire, Vous, vieillard impuissant, usé, blasé, flétri, […]

Le homard, compliqué comme une cathédrale, — 1880 (21)

– Charles Monselet Poésies complêtes Le homard Le homard, compliqué comme une cathédrale, Sur un lit de persil, monstre rouge, apparaît. En le voyant ainsi, Janin triompherait, Car il a revêtu la pourpre cardinale! Et c’est le Borgia des mers. Il a l’attrait Des scélérats déçus dans leur ruse infernale. Héraut des grands festins, avec […]

Dans le bois mystérieux que le doux zéphyr morcelle, — 1880 (16)

– Narzale Jobert Klimax XV ter Césure après la 7ème syllabe La tourterelle Dans le bois mystérieux que le doux zéphyr morcelle, En suivant les verts sentiers parsemés d’odorantes fleurs, Vous plaît-il d’ouïr le chant, le chant tout composé de pleurs Qu’au fond du fourré voisin roucoule une humble tourterelle? Peut-être m’a-t-on ravi mon cher […]

Lorsque l’hiver approche, j’aime à contempler les grues — 1880 (15)

– Narzale Jobert Klimax XIV ter Césure après la 8ème syllabe Les grues Lorsque l’hiver approche, j’aime à contempler les grues Qui vont traversant le brouillard en un tige acéré Afin de mieux pertuiser l’air qui n’est plus azuré Car les lumières du soleil pour lors ont disparu. Elles palpitent au-dessus des toits, et de […]