Le chemin est facile et doux, la marche lente, — 1921 (17)

Emile Faguet Chansons d’un passant

Sonnet renversé

Le chemin est facile et doux, la marche lente,
L’œil va des champs pleins d’ombre au soleil éclatant,
Et rien ne presse encor l’allure nonchalante
Du voyageur timide au regard innocent.

Puis, c’est une colline âpre mais verte encore ;
L’horizon plus voisin s’échauffe et se colore,
On marche plus ardent vers un but souhaité ;

Plus loin, c’est la montagne abrupte ; les broussailles
A nos pieds fatigués font de rudes entailles ;
Le souffle est court, le col tendu, le pas heurté.

Le mont s’abaisse enfin : le long de l’autre pente,
Pesamment, le front lourd et courbé, l’on descend,
Et, las de soutenir sa course chancelante,
Le voyageur dans l’ombre éternelle s’étend.

QTTQ

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