Oeuvre de Colomban, abri fait pour le deuil, — 1866 (1)

Louis GoujonSonnets. Inspirations de voyage


L’église de Brou

Oeuvre de Colomban, abri fait pour le deuil,
Qu’un désespoir de femme éleva dans la Bresse,
Ton marbre est pénétré d’un rayon de la Grèce,
L’art gothique allemand dort dans ton blanc cercueil.

Marguerite a bâti ton ardente merveille,
Pour donner à l’époux son immuable veille;
C’est le tombeau d’un rêve après les pleurs du jour.

Partout, sur le Carrare ou les murailles grises,
Le culte de la mort a sculpté leurs devises:
Leurs chiffres enlacés éternisent l’amour.

Les regrets personnels ont rempli cette enceinte;
Là, l’Eglise infidèle à son céleste voeu,
Aux tendresses du coeur livra la cité sainte:
C’est la maison d’une âme et non celle de Dieu.

abba ccd eed a’b’a’b’= QTTQ – disp: 4+3+3+4 Les tercets sont mis entre les quatrains : un exemple de permutation des strophes du sonnet

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *