Lorsque, pensif, j’entends le doux ramage — 1827 (2)

M.M.J. in L’hommage aux demoiselles

Imitation de Pétrarque

Lorsque, pensif, j’entends le doux ramage
De Philomèle exprimant ses douleurs,
Le vent frémir au travers du feuillage,
Et le ruisseau qui baigne ce rivage
En mumurant bondir parmi les fleurs,
Mon esprit suit sa vague rêverie
Et pénétré des feux que je ressens,
Je vois, j’écoute une beauté chérie,
Qui retourna vers les cieux, sa patrie,
Et qui, de loin, répond à mes accents !
Sa voix me dit, dans un tendre langage :
« Pourquoi vouloir, au milieu de ton âge
Te consumer en stériles regrets ?
Si j’ai quitté le bocage si frais,
Si le néant a dévoré mes charmes,
Sur mon destin ne verse pas de larmes ;
Songe plutôt à mes félicités,
La mort me donne une vie immortelle,
Et quand mes yeux, de douleur attristés,
Semblaient voilés par la nuit éternelle,
Ils se rouvraient aux célestes clartés »

21 octosyllabes  rvf  sns

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