Ma chère, quand nos cœurs n’auront plus de pensées, — 1875 (7)

Adolphe Froger Les amours profondes

Ma chère, quand nos cœurs n’auront plus de pensées,
Nos yeux plus de regards, et nos voix plus de chants,
Quand nous ne seront plus que deux âmes glacées
Nous viendrons l’un vers l’autre avec des airs touchants

Nous nous reposerons dessous les lueurs vives
Des étoiles sans nombre et des soleils couchants
Et comme deux rosiers aux ailes maladives
Nous entremêlerons nos parfums attachants.

Portant en nous le feu des anciennes aurores,
Nous brilleront au loin ; et nos âmes sonores,
Pleines des visions qui reviennent toujours,

Ainsi qu’un vol d’oiseaux langoureux et fidèles,
Feront, en s’élevant, retentir autour d’elles,
Les accords douloureux des anciennes amours

Q38 – T15

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