L’Alameida bruit, le Zacatin flamboie, — 1884 (8)

Alfred Busquet Poésies, I

Grenade

L’Alameida bruit, le Zacatin flamboie,
Les marchands accroupis étalent leurs bijoux,
Le ciel est plein d’ivresse et la ville est en joie,
On boît de la musique avec des limons doux.

Comme des papillons de nuit, sans qu’on les voie,
Les rouges éventails agitent les froufrous,
Les yeux suivent les yeux, et les robes de soie
Vous frôlent doucement, en dépit des bijoux.

Dans les rougeurs du soir, la Nevada s’accuse,
Blancheur étourdissante, immaculé sommet
Où la neige d’hiver s’amoncelle et s’infuse,

Et la lune émergeant des ravins ténébreux,
Au front de l’Alhambra comme une aigrette, met
Le croissant, souvenir d’un âge plus heureux!

Q8 – T24 – Formule ‘italienne’ cdc ede dans les tercets, autrefois utilisée abondamment par Baïf

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