Voyez, sous une nuit triste, qui fond en eau, — 1868 (16)

Coll. Sonnets et Eaux-Fortes

Louis-Xavier de Ricard

Théroigne de Méricourt

Voyez, sous une nuit triste, qui fond en eau,
L’assaut tumultueux des femmes en guenilles,
Sombre, hurlant des cris de faim, s’entasse aux grilles.
Tranquille, au loin, le parc est noir comme un  tombeau.

Etonnés de ce peuple, autrefois vil troupeau,
Et que les lourds canons aient quitté les bastilles,
Pour obéir aux mains qui tenaient les aiguilles,
Les gardes sont rangés devant le vieux château.

Et voici que, pareille à l’étoile sanglante
Que les flots de la mer sinistre et violente
Font jaillir dans le ciel orageux de la nuit,

Sur un cheval cabré, parmi la foule, éclate
Farouche, et brandissant un sabre nu, qui luit,
La belle Liégeoise, amazone écarlate!

Q15 – T14 – banv

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