Toi qui n’étais plus homme avant de te connaître! — 1820 (1)

Sourdon de la Coretterie Poésies

Sonnet à un eunuque

Toi qui n’étais plus homme avant de te connaître!
Qui perdis, en naissant, le flambeau de ton être!
Toi pour qui de l’amour les soins et les soupirs
Sont des jeux inconnus, ainsi que ses désirs!

Au sein des voluptés toi qui conduis ton maître,
Et qui, sans t’émouvoir, témoin de ses plaisirs,
Traînes des jours sevrés de tendres souvenirs!
Gardien de la beauté! Son vil tyran peut-être!

Coeur glacé! Monstre humain dont le funeste sort
Des charmes de l’hymen à jamais te sépare!
Dont la vie est, hélas! l’image de la mort!

Quand j’adore Zulime et qu’un père barbare
Défend que mes destins soient enchaînés aux siens,
Que mes sens ne sont-ils aussi froids que les tiens!

Q3 – T23

L’auteur se révèle être ’employé à la Manufacture Royale de Tabac à Marseille’.

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