Quand je touche rêveuse à ces feuilles sonores, — 1843 (9)

Marceline Desbordes-Valmore Bouquets et prières


Au livre de Consolations
par Monsieur Sainte-Beuve

Quand je touche rêveuse à ces feuilles sonores,
D’où montent les parfums des divines amphores,
Prise par tout mon corps d’un long tressaillement,
Je m’incline et j’écoute avec saisissement.

O fièvre poétique! O sainte maladie!
O jeunesse éternelle! O vaste mélodie!
Voix limpide et profonde! Invisible instrument!
Nid d’abeille enfermé dans un  livre charmant!

Trésor tombé des mains du meilleur de mes frères!
Doux Memnon! Chaste ami de mes tendres misères!
Chantez, nourrissez-moi d’impérissable miel:

Car je suis indigente à me nourrir moi-même;
Source fraîche, ouvrez-vous à ma douleur suprême,

Et m’aidez, par le monde, à retrouver mon ciel!

Q27 – T15 – Quatrains à trois rimes: aabb a’a’bb

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *