Incise 1805 (1)

de Lunier : Dictionnaire des sciences et des arts. article SONNET – Le sonnet est un poëme de quatorze vers, divisés en deux quatrains qui marchent sur deux rimes, et en deux tercets. Les deux rimes, l’une masculine et l’autre féminine, qui remplissent des deux quatrains, doivent garder, dans le second quatrain, le même ordre que dans le premier.
On demande que l’arrangement des rimes dans le sixain, ne soit pas, s’il est possible, le même que dans les quatrains (on voit mal comment il pourrait l’être ! J.R). Il ne faut pas que dans tout le sonnet un même mot soit répété.
Tous les vers d’un sonnet doivent avoir la même étendue ; les pensées y doivent être nobles, les expressions vives, et l’on n’y souffre rien qui n’ait un rapport essentiel à ce qui en fait le sujet.
Le sonnet doit finir par une pensée ingénieuse, et il faut que la chute soit belle et heureuse.

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A partir de 1650 environ (début d’une longue décadence de la forme-sonnet), les traités de versification et les dictionnaires ont répété sans fin des définitions prescriptives ; tenté, en opposant les sonnets dits ‘réguliers’ aux sonnets ‘irréguliers’ ou ‘libertins’ d’imposer une norme à la forme. Cette manie s’est poursuivie jusqu’à nos jours. L’examen de ce qui s’est écrit et publié montre l’échec patent de cette tentative, même si les ‘règles’, adoptées par des poètes disposant d’un crédit certain, comme Gautier ou Banville, ont eu une influence indéniable sur la pratique poétique.

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