Ma Muse languissait, triste, inconnue à tous, — 1841 (5)

Aloysius Bertrand Oeuvres

Sonnet à la Reine des Français

Ma Muse languissait, triste, inconnue à tous,
Cachant des pleurs amers parmi sa manteline;
Soudain elle reprend crayon et mandoline.
Muse, quel ange donc s’est assis entre nous?

Madame, il est un ange, au front riant et doux,
Ange consolateur qui, dès l’aube, s’incline
Vers les mortels souffrants, la veuve et l’orpheline,
L’enfant et le vieillard, – et cet ange, c’est vous!

Votre nom soit béni! – ce cri qui part de l’âme,
Ne le dédaignez point de ma bouche, Madame!
Un nom glorifié vaut-il un nom bêni?

Oh! Je vous chante un hymne avec joie et courage,
Comme l’oiseau mouillé par le nocturne orage
Chante un hymne au soleil qui le sèche en son nid!

Q15 – T15

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *