Le soir arrive épais : des blancheurs disparues — 1851 (6)

Xavier Aubryet même source

Porchers des Cévennes

à Charles Chaplin, qui a peint des cochons et des femmes

Le soir arrive épais : des blancheurs disparues
Reste une bande étroite, au ciel d’un noir profond.
Dans l’ombre, des cochons chassés, bandes goulues,
Pieds souillés, dos soyeux, à leur loge s’en vont.

Oreilles en avant, roides, plates, poilues,
Le groïn barbouillé, renifleur et grognon,
Pêle-mêle entraînés par les pentes ardues,
Leur queue au rond frisé frétille à chaque bond.

Sauvage fantaisie après les élégances
Des portraits féminins aux fines transparences,
A la grâce attendrie, aux tons dorés du miel.

Poésie ! idéal que le réel complète.
Chaque chose sublime ou basse, te reflète.
Les porcs grouillants, la boue, et les femmes, le ciel !

Q8  T15

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