D’une pâleur de mort sa face se voila. — 1855 (2)

Marc du Velay Les Vélaviennes

Eola

D’une pâleur de mort sa face se voila.
Courbé sur le rocher, d’un geste il déroula
Le manteau qui volait au bord de son épaule
Et cacha sous les plis la lyre qui console.

Ses cheveux, éclairés d’une ardente auréole,
Sur l’abîme pendaient comme les pleurs d’un saule,
Et sa voix appela par trois fois: Eola!
Une autre voix de loin répondit: me voilà!

Et sur le gouffre rouge où nul espoir ne tombe
J’aperçus Eola, la céleste colombe:
– Ange que j’ai jeté dans l’horreur de ces lieux,

Cria celui qui porte un sombre diadème,
Le Seigneur te pardonne et te rappelle aux Cieux.
– Je préfère l’enfer, dit Eola, je t’aime!

Q6 – T14

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