O timide héros oublieux de mon rang, — 1871 (10)

coll. Le Parnasse Contemporain, II

Nina de Callias

Tristan et Iseult

Iseult
O timide héros oublieux de mon rang,
Vous n’avez pas daigné saluer votre dame!
Vos yeux bleus sont restés attachés sur la rame.
Osez voir sur mon front la fureur d’un beau sang.

Tristan
J’observe le pilote assoupi sur son banc,
Afin que ce navire où vient neiger la lame
Nous conduise tout droit devant l’épithalame.
Je suis le blanc gardien de votre honneur tout blanc.

Iseult
Qu’éclate sans pitié ma tendresse étouffée!
Buvez, Tristan. Je suis la fille d’une fée:
Ce breuvage innocent ne contient que la mort.

Tristan
Je bois, faisant pour vous ce dont je suis capable.
O charme, enchantement, joie, ivresse, remord!
Il renferme l’amour, ce breuvage coupable.

Q15 – T14 – banv

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *