Un chant dans une nuit sans air …. — 1873 (22)

Tristan Corbière Les Amours jaunes

Le crapaud

Un chant dans une nuit sans air ….
La lune plaque en métal clair
Les découpures du vert sombre.

… Un chant; comme un écho, tout vif.
Enterré, là, sous le massif…
– Ça se tait: Viens, c’est là, dans l’ombre…

– Un crapaud! – Pourquoi cette peur,
Près de moi, ton soldat fidèle!
Vois-le, poète tondu, sans aile,
Rossignol de la boue … – Horreur! –

– Il chante. – Horreur!! – Horreur pourquoi?
Vois-tu pas son oeil de lumière…
Non: il s’en va, froid, sous sa pierre.
……………………………………………….

Bonsoir – ce crapaud-là c’est moi.

Ce soir, 20 juillet.

s.rev: eec ddc b’a’a’b’ baab – octo – 15v – La ligne de points en fait un sonnet renversé de quinze vers.

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