Aimer, c’est vivre un jour, mais un seul: puis mourir. — 1885 (3)

– (Alfred Delvau) – Les Sonneurs de Sonnets – 1540-1866 –

Aimer, c’est vivre un jour, mais un seul: puis mourir.
Combien d’un premier deuil l’absence se désole!
à des lettres pourtant l’on pourra recourir:
le papier confident, c’est presque la parole!

Et puis, ressource vaine ou promesse frivole,
bientôt on s’écrit moins. Ne vient-il pas s’offrir
maint obstacle à laisser l’occasion fléchir?
Puis Elle n’écrit plus: la tristesse s’envole.

O mobilité d’âme où le monde est soumis!
ceux qu’on a tant aimés cherchent d’autres amis.
Pour le premier jaloux quelle sombre amertume!

Puis à lui-même, un jour, arrive pas à pas
l’oubli. Sommeil du coeur vous êtes le trépas!
Le coeur est une terre où tout mort se consume.
A. Delatouche

Q10 – T15 –  » J’ai respecté cette manie de Delatouche qui consiste à ne mettre en capitales au commencement de chaque vers que lorsqu’il y avait lieu, c’est à dire lorsque le vers précédent finissait par un point. Mais c’est une manie bien agaçante pour le lecteur. Les vers sont des vers, que diable! ce n’est pas de la prose. « 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *