On dit mes vers semés de hiatus impudents, — 1893 (16)

Jean Volane Fusains

Aux lecteurs

On dit mes vers semés de hiatus impudents,
De vocables communs et de belles chevilles,
Je n’y mets pas souvent des femmes à mantilles
Et de gais rossignols aux trilles éclatants.

Mon rythme n’est divin comme celui d’Homère
Et je n’ai pas d’Hugo la souveraine ampleur,
Je ne veux point poser pour un fin ciseleur,
Pour un Parnassien, édité chez Lemerre.

Je vais, léger d’argent, gai comme Zanetto,
L’éphèbe vagabond des rives de l’Arno ;
Faisant des vers d’amour d’allure monotone.

Ma rime est insouciante et mon rêve peu haut.
Tant pis pour les lauriers ! car ce sera bien beau
Si l’on dit « celui-là n’a pastiché personne »

Q63  T15

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *