Je sais qu’un lis s’ouvrit à la saison lointaine: — 1897 (8)

Levet (Le Pavillon ou La Saison de Thomas W. Lance – petit poème cultique)


VI. Hiver
Si je désire une eau d’Europe, c’est la flache
Noire et froide, où vers le crépuscule embaumé
Un enfant accroupi, plein de tristesse lâche
Un bâteau frêle comme un papillon de mai.

Arthur Rimbaud
La crémerie:

Je sais qu’un lis s’ouvrit à la saison lointaine:
– ô clair matin d’hiver baisez la crémerie
Comme l’agneau du saint approuve de sa laine
Le moine blanc qui pleure à l’autel de Marie.

En tes cheveux – l’ombre dès sa source est tarie! –
Le linceul de mon rêve où tes yeux porcelaine
Rayonnent le néant d’un calme de Germaine,
Neige que ne saurait troubler la laiterie!

Et c’est comme un repos sur des douleurs exquises!
(Ma bouche a murmuré la poudre des marquises
D’ « antan ») – halte future où la fumée émane

Le « Pâle Voyageur, qui, ses armes rongées,
Evoque les blondeurs crémeuses du barman
Sous les palmiers drapés d’antilopes vengées …

THOMAS W. LANCE A DIT.

Q10 – T14

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