Un son maigre et pluvieux sonne en fausset mes heures, — 1906 (1)

O.V. de L. MiloszLes sept solitudes

XVII

Un son maigre et pluvieux sonne en fausset mes heures,
Coassement – croassement – requiem des portes
Aux grands châteaux venteux dont le regard fait peur
Tandis que le grand vent glapit des noms de mortes,

Ou bruit de vieille pluie aigre sur quelque route,
Qui n’invite qu’afin que le destin s’égare
Vers le clocher aveugle à girouette bizarre?
Ecoute – plus rien- Seul, le grand silence écoute …

Tu peux partir, ou t’endormir, ou bien mourir
Dans le sang ou la boue, ou même encore, belle,
Mendier ton pain de vieille aux pays inconnus;

Car nulle autre aujourd’hui ne veut m’être réelle
Que celle mort des demains et du souvenir,
Que cette cloche du moment aux lointains nus.

Q60 – T38

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