Comme ces bûcherons qui abattent les chênes — 1909 (5)

Pierre Lièvre Jeux de mots

La bûcheronne

Comme ces bûcherons qui abattent les chênes
Et qui demeurent sourds aux grands gémissements
Que l’on entend répondre à tout coup qu’ils assènent
Sur le cœur douloureux de ces arbres puissants,

Méchante bûcheronne aux yeux froids et pervers
Sous tes coups meurtriers et sournois, tour à tour,
Sans prendre garde aux cris dont ils frappent les airs,
Tu as cruellement fait gémir mon amour.

Souffrant et mutilé s’il reste encor debout
S’offrant toujours aux chocs où tu le mets en butte,
C’est qu’en un cœur profond il plonge ses racines.

Redoute cependant ta fureur assassine,
Crains que l’arbre à la fin ne croule sous tes coups
Car il t’écraserait peut-être de sa chute.

Q62 – T40

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