Elle vit d’une vie infinie et plus haute — 1918 (6)

Tolia Dorian Poésies lyriques

La Joconde

Elle vit d’une vie infinie et plus haute
Que le Présent instable en sa réalité :
Les siècles font cortège à sa grâce sans faute,
Et dorent, en passant, son éternel été.

D’un sanctuaire altier elle est le très pur hôte,
Placide et venimeuse Idole de beauté ;
Ses yeux pervers n’ont pas une ombre que leur ôte
Leur sereine et railleuse invincibilité …

O Dame au fin sourire, aux cheveux blonds de cendre,
Dame au large front ceint du ruban emperlé !
A nul mortel, voulant pénétrer ton air tendre,

De tes lèvres-serpents tu n’as jamais parlé …
Et tes royales mains n’ont pas laissé surprendre
Un seul secret des plis dont ton sein est voilé !

Q8  T20

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *