Ni les roses, ni l’air morose que tu siffles — 1924 (8)

Tristan Derème La verdure dorée

LXV

Ni les roses, ni l’air morose que tu siffles
Sous les ifs, en gardant ces chèvres et ces buffles
Au crépuscule, vieux berger, joueur de flutes,
Sous la lune que frôle un ibis insolite,

Ni le soir calme, ni ces palmes immobiles
Ni les astres montant comme de lentes bulles,
Rien ne me distraira de la source où se mire
Son blanc visage au vert de la fraîche ramure.

Et dussè-je mener par les aubes allègres
Le troupeau jaune et noir des tigres et des zèbres,
Ou cueillir sur les monts la branche souveraine,

Que j’entendrais sa voix douce sur les fanfares
Et que son souvenir embaumerait mon rêve
Comme une rose à mes couronnes triomphales

Assonnances en deux systèmes :  a) (vocalique) Q14 (i-u)  T14 (è-ê-a)  b) (consonnantique, incertain dans les tercets ) Q55 (fl-t  l-r)   ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *