Neiges calmes, blancheur absolvant à jamais — 1933 (6)

Marcel Ormoy Les royaumes interdits

Reminiscere

Neiges calmes, blancheur absolvant à jamais
Toute l’ombre et la fièvre étroite des vallées,
L’esprit triomphe, ô dur vertige des sommets,
Sur ces hauteurs par les quatre vents désolées.

Vous mes frères, avec les noms de chaque jour
Voyez et que du fond des âges nous choisîmes
Pour la suprême étape et le plus clair séjour
Ces rocs environnés de présences sublimes.

Car nous retrouverons au niveau de la mer
Le patient travail de la terre et du fer
Et l’orgueil et l’ennui d’une besogne obscure,

Mais par le merveilleux et secret truchement
D’une rêve à quoi la mort elle-même consent
Toujours sur le Thabor un dieu se transfigure.

Q59 – T15

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *