O vous qui écoutez, en mes rimes éparses — 1942 (5)

Pétrarque – in   Pierre Poirier: Pétrarque vu par lui-même

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O vous qui écoutez, en mes rimes éparses
L’écho de ces soupirs dont s’est nourri mon cœur
Aux premières erreurs de l’âge juvénile
Quand j’étais en partie un autre que ne suis;

De mon style varié où je pleure et dispute
Tant d’espoirs qui sont vains et de vaines douleurs,
Je trouverai, j’espère, et pitié et pardon,
Près qui comprend l’amour pour l’avoir éprouvé.

Mais je vois, à présent, comment du peuple entier
Je fus longtemps la fable, et souvent
Je regarde en moi la honte de moi-même

De mes vers, qui sont vains, la vergogne est le fruit;
Comme le repentir j’ai la claire conscience
Que ce qui plaît au monde est un songe bien court.

bl – tr (pétr.1)

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