Toi qui parais toujours sous les traits qu’on désire, — 1808 (2)

Stanislas de Boufflers Recueil de Poésies, extraits des ouvrages d’Hélène-Maria Williams, ….

Sonnet sur l’espérance

Toi qui parais toujours sous les traits qu’on désire,
Devant qui semblent fuir la crainte et la douleur,
Douce Espérance! viens; viens, et que ton sourire
Eclaircisse la nuit qui règne dans mon coeur;

Parle à ce coeur, dis-lui (ta voix a tant de charmes!)
Qu’il peut germer encor pour lui quelque plaisir,
Que, pour tromper la peine, ou du moins l’adoucir,
L’esprit a sa magie, et l’amitié ses larmes;

Mais ne ramène point ces fantômes brillans
Qui devant moi semaient, aux jours de mon printems,
Des fleurs qu’à leur éclat je croyais immortelles:

Mon esprit, abattu sous le poids de ses maux,
N’oserait contempler des images si belles;
Ce n’est point le bonheur qu’il veut, mais le repos.

Q60 – T14

Les tercets sont organisés selon le deuxième des modèles principaux du sonnet français du 16ème et 17ème (pour le premier voir le n°1): un distique à rimes plates, suivi d’un quatrain à rimes alternées.

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