Un jour m’a donc ravi ma longue indifférence! — 1820 (3)

Charles J. Hubert in L’almanach des Muses

Sonnet

Un jour m’a donc ravi ma longue indifférence!
O paix! ton calme heureux n’est plus fait pour mon coeur.
Laisse-moi, je gémis, j’aime sans espérance;
Mais je préfère encor ma peine à ton bonheur.

Du moins sa douce image enchante ma pensée;
Du moins l’illusion reste pour me charmer.
En rêve je la vois du même trait blessée
Elle soupire, … Ô dieux! Est-ce un tourment d’aimer?

Non, non, que mon amour soit mon bien, soit ma vie;
Par des revers affreux quand mon âme est flétrie,
Amour, songe charmant, console mes douleurs.

Et toi, que j’aime en vain, pardonne ô Natalie!
Si, ne pouvant bannir ton image chérie,
J’oublie, en t’adorant, ma peine et mes malheurs.

Q 59 -T6

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