Blâmeras-tu, Philis, l’audace de ces vers … — 1832 (2)

Léger Noël Mes premières amours

A Philis

Blâmeras-tu, Philis, l’audace de ces vers …
Tu peux les lire, au moins, sans que ton front rougisse.
Je ne viens point pleurer sur un bien que je perds;
Et ton bonheur m’arrache un cruel sacrifice.

Quoiqu’en proie à l’amour, et captif dans tes fers,
Ne crains plus que mon coeur t’expose mon supplice;
Si de mes maux encor il faut que je gémisse,
Mes larmes couleront dans l’ombre des déserts.

J’ose te demander ton immortel suffrage.
Tu me tins lieu de muse; Amour fut l’Apollon
Qui conduisait mes pas dans le sacré vallon,

Sur les bords d’Hippocrene, au pied de l’Hélicon,
Tu m’inspiras ces vers; et je t’en dois l’hommage;
Daigne d’un doux sourire accueillir ton ouvrage.

Q9 – T31

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