Ah! quel que soit le deuil jeté sur cette terre — 1837 (3)

Auguste Barbier Oeuvres

L’adieu

Ah! quel que soit le deuil jeté sur cette terre
Qui par deux fois du monde a changé le destin,
Quels que soient ses malheurs et sa longue misère,
On ne peut la quitter sans peine et sans chagrin.

Ainsi, prêt à sortir du céleste jardin,
Je me retourne encor vers les cimes hautaines,
Pour contempler de là son horizon divin
Et long-temps m’enivrer de ses grâces lointaines:

Et puis le froid me prend et me glace les veines
Et tout mon coeur soupire, oh! comme si j’avais,
Aux champs de l’Italie et dans ses larges plaines,
De mes jours effeuillés le rameau le plus frais,
Et sur le sein vermeil de la brune déesse
Epuisé pour toujours ma vie et ma jeunesse.

abab  bcbc dede ff =sp – disp: 4+4+6

L’exemple d’Auguste Barbier est d’un grand intérêt pour l’histoire de l’influence anglaise sur la forme du sonnet français (dont le cas le plus important est celui de Mallarmé). La disposition des strophes, quoique un peu rare (4+4+6), n’a rien cependant de bien original. En revanche les rimes se distribuent en: abab  bcbc  dede  ff, où on ne manquera pas de reconnaître la disposition dit ‘spensérienne’ (dont l’inventeur est sans doute, au seizième siècle, Edmund Spenser). Elle a eu quelques adeptes au 19ème en Angleterre. (Alain Chevrier est ‘ l’inventeur ‘ de ce sonnet).

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