Que de fois, pour charmer le mal qui me dévore, — 1858 (3)

Antoine-Auguste Génin Simple bouquet

XX

Que de fois, pour charmer le mal qui me dévore,
J’ai trompé le sommeil et devancé l’aurore!
A poursuivre un regard qu’en vain mon oeil implore,
J’ai perdu bien souvent des soleils tout entiers.

Que de fois j’ai suivi vos pas dans les sentiers,
Seul, occupant mon coeur à lui redire encore
Vos attraits, mon amour, et croyant voir éclore
Des fleurs au doux contact de votre pied sonore!

De mes désirs ainsi je m’enivre en marchant:
Ce bruit sous la fenêtre, est-ce donc votre chant?
Sur l’aile du zéphir j’ai surpris votre haleine.

Et bien! que vous passiez rieuse et sans me voir;
Quand le soir je reviens à notre vieux manoir,
J’emporte de bonheur mon âme toute pleine.

aaab baaa – T15

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