incise 1869

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Louis de Veyrières – Monographie du sonnet , tome Ier. …
RÈGLES DU SONNET- … les règles décrites par Boileau sont légères en comparaison de celles que tout traité de poésie nous impose, et que voici dans leur sévérité :
Les quatorze vers doivent être d’une égale mesure ; ceux de douze ou de huit pieds sont préférables ; les autres, de six, de cinq, de quatre, de trois, de deux et même d’un seul, n’appartiennent guère au genre sérieux ; les vers de dix syllabes, seuls en usage primitivement pour le sonnet, semblent mieux convenir à l’épitre et à la chanson. Un léger repos, pour le moins, est de rigueur après le second vers de chaque quatrain ; il est plus grand à la fin des quatrains et du premier tercet. les deux quatrains, toujours sur deux rimes, ont ces rimes entrelacées de la même façon dans l’un comme dans l’autre ; on n’y peut donc employer des rimes plates consécutives.
Les deux premiers vers du premier tercet riment ensemble ; le troisième vers de ce tercet doit rimer avec l’avant-dernier ou le dernier vers du deuxième tercet, selon l’agencement des rimes des deux quatrains, et en sens inverse, d’après les plus sévères, Malherbe en tête. En un mot, si les deuxième et troisième vers de chaque quatrain riment ensemble, le troisième vers du premier tercet doit rimer avec le deuxième du dernier tercet. Dans le cas contraire, si le premier vers de chaque quatrain s’accorde avec le troisième, les deux premier vers du dernier tercet s’’accordent également, et par conséquent le troisième vers de chaque tercet a une rime semblable.
Il serait désirable que le sonnet finît par un son plein, c’est à dire par une rime masculine.
Comme nous avons quelque peine à décrire ces règles, il est malaisé de s’y reconnaître autrement que par des citations ….

M.Amédée Pommier, un  homme de talent, s’exprime ainsi : « Je ne connais et n’admets qu’une chose, le sonnet régulier, symétrique, sévèrement et méthodiquement construit. Je le veux parfait, avec toutes ses entraves habilement et consciencieusement surmontées : ce n’est qu’à ces conditions qu’il procure à l’esprit comme à l’œil un plaisir pur et complet ».
Si le trait final n’ a rien de saillant, il n’y a point de sonnet !

» mr de Veyrières est le seul, à ma connaissance (remarque de précaution qu’on oublie trop souvent) à mentionner Malherbe comme inventeur de la version la plus stricte des définitions du sonnet, qui a été ensuite popularisée par Banville.

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