Vous qui prêtez l’oreille aux accents de ma lyre, — 1874 (16)

Pétrarque trad. Philibert Le Duc

I – Proème

Vous qui prêtez l’oreille aux accents de ma lyre,
Aux soupirs dont mon coeur s’est nourri si longtemps,
Avant d’avoir compris l’erreur de mon printemps
Et ce que Dieu commande à ceux qu’il veut élire:

Si vous avez aimé, vous tous qui daignez lire
Ces rimes, où je pleure et les voeux inconstants
Et les vaines douleurs que dissipe le temps
Ne me pardonnez pas, mais plaignez mon délire.

Quand maintenant je songe au facile succès
Qu’auprès du peuple ont eu mes frivoles essais,
J’ai honte des lauriers que la sagesse émonde.

Car à quoi m’a servi ce nom dont je suis las,
Si ce n’est d’en rougir et de savoir, hélas!
Que tout rêve de gloire est le jouet du monde!

Q15 – T15 – tr

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