C’était le soir , battant ses rives désolées, — 1875 (12)

Ernest Périgaud Exaltations

Le torrent

C’était le soir , battant ses rives désolées,
Avec un bruit plaintif imitant les sanglots,
Le torrent s’enfuyait ; des lueurs étoilées
Voltigeaient en tremblant à la cîme des flots.

L’écume jaillissante étendait sur les eaux
Son écharpe d’argent ; ainsi que des troupeaux
Que l’épouvante chasse en bandes affolées,
Les vagues en fureur couraient échevelées.

Pensif et recueilli, je contemplais cette onde
En courrous ; j’écoutais cette clameur profonde,
Y cherchant une image, un écho d’ici-bas :

Humanité ! grand fleuve à l’orageuse houle,
Lamentable concert des mortels, pauvre foule,
Pêle-mêle, au hasard, précipitant ses pas !

Q12  T15

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