O lune, quand tu sors des vapeurs opalines — 1887 (8)

Le Chat Noir,

Armand Masson

A la lune

O lune, quand tu sors des vapeurs opalines
Qui te font comme un lit onduleux et mouvant,
Je crois voir la Vénus Callipyge levant
Les voiles importuns des chastes mousselines.

En poëte païen j’admire ces rondeurs
Qu’on ne voit plus, hélas! qu’au pays des planètes,
Et je bénis les lois des morales honnêtes
Qui t’ont mise au-dessus des humaines pudeurs.

Mais pourquoi nous montrer toujours les mêmes choses?
Tu devrais varier de temps en temps les poses
Et nous faire admirer de nouvelles beautés.

Pour moi, les yeux levés vers le céleste dôme,
J’ai souvent caressé ce rêve d’astronome
De contempler l’envers de ta rotondité.

Q63 – T15

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