Comme s’il éveillait, Juillet, sous une lune, — 1897 (20)

Léopold DauphinRaisins bleus et gris

Sonnet

Comme s’il éveillait, Juillet, sous une lune,
Quelques fils-de-la-vierge et les paraît d’argent,
Voici que tout l’été (déjà lui !) submergeant
Ton front pur, de cheveux gris te pare, ma brune.

Et malgré moi, je songe aux futures parures
Dont le ciel, exauçant plus tard mon vœu galant
Ornera ta beauté. Moins que ton cœur si blanc,
Blanche sera ta neige à l’ombre des guipures.

Oh ! tu seras, jolie encor, coiffée ainsi :
Tu me rappelleras les soirs de sans souci
Où tes yeux si luisants et tes pommettes roses,

(Vois, je m’en souviens comme si c’était d’hier)
Tu venais, les cheveux poudrés, piqués de roses,
Et ces frimas fleuris feront doux mon hiver

Q49  T14  (sauf si a’=a par assonnance)

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