Je suis comme le riche à qui sa clef bénie — 1959 (7)

Jean Fuzier Shakespearesonnets


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Je suis comme le riche à qui sa clef bénie
De son trésor bien clos ouvre le doux accès:
L’heur de le voir sans cesse à ses yeux il dénie,
Pour n’émousser le dard d’un plaisir ménagé.
Ainsi, solennités sont d’autant mieux fêtées
Qu’au long cours de l’année on les voit rarement;
Comme pierres de prix elles sont clairsemées,
Ou comme en un collier les plus gros diamants.
Et le Temps qui te garde est le coffre, ou l’armoire,
Recelant le manteau, et qui doit rehausser
De quelque occasion glorieuse la gloire
En déployant à neuf sa captive fierté:
Etre béni, ton prix me donne à suffisance
Quand je t’ai, le triomphe, et sans toi, l’espérance.

ababcdcdefefgg=sh – tr  – formule de rimes et disposition shakespearienne

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