Celui qui sans tirer d’aucune chose qui fût, — 1961 (5)

-. Georges Ribemont-Dessaignes Michel-Ange Sonnets

A Tommaso Cavalieri

Celui qui sans tirer d’aucune chose qui fût,
créa le temps sans existence avant que rien ne fût,
du temps fit deux, à l’un donna le haut soleil,
à l’autre la lune qui nous est la plus prochaine.

Ainsi en un instant vinrent au monde
le hasard, le destin, le bonheur de chacun.
En partage j’eus le temps de l’obscurité,
moi, l’obscur en ma naissance comme en mon berceau.

Et tel celui qui se contrefait soi-même,
Comme la nuit s’épaissit à mesure qu’elle s’avance,
De faire le mal je m’afflige et me lamente.

Et pourtant il m’est permis pour ma consolation
Que ma sombre nuit s’illumine au clair soleil
Qui à votre naissance vous devint compagnon.

vL – tr

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