Le grand soufflet gémit et le noir charbon fume, — 1891 (14)

– Le concours de La Plume Vers forgés Le grand soufflet gémit et le noir charbon fume, Voici que le foyer de la forge s’allume, J’aime le forgeron qui soude sur l’enclume A grands coups de marteau les fers incandescents. Le métal obéit à ses efforts puissants Et son travail joyeux a de mâles accents. […]

Je les ai donc encor les grands regards candides — 1890 (34)

– La France moderne Décubridor Je les ai donc encor les grands regards candides Vers les chers infinis à jamais en allés, Les purs regards d’hier aux lumières limpides Comme les horizons aux clartés des matins. J’ai trop longtemps été dans de îles fiévreuses Au tourbillonnement de parfums affolés. Je les ai trop connues les fleurs […]

L’abdomen prépotent des bénignes cornues — 1888 (20)

– ? Le Décadent « Un sonnet d’Arthur Rimbaud » Les cornues Les cornues au long des tablettes, les petites larmes de grès blanc, blanches comme les plus blancs des corps de femmes …. L’abdomen prépotent des bénignes cornues Se ballonne tel un ventre de femme enceinte. Es-dressoirs, elles ont comme des airs de sainte Procession vers quel […]

C’est l’été. Le sentier que la ronce enguirlande, — 1886 (19)

– D. Mon Les Bengalis Villégiature C’est l’été. Le sentier que la ronce enguirlande, Où l’églantine pâle et le volubilis Accrochent leurs bouquets aux sombres tamaris, Semble, par le soleil, une fraîche oasis. Un ânon va, très fier de sa riche provende, Portant l’enfant qui rit, lui parle et le gourmande, Juché haut, entre deux […]

Pourquoi, dans ces bassins que le gouvernement — 1885 (5)

– Ernest d’Hervilly – Les bêtes à Paris – 36 sonnets – Les cygnes Pourquoi, dans ces bassins que le gouvernement Fait toujours en été vider complêtement, L’autorité met-elle avec acharnement Un cygne? Serait-ce pour permettre au poète rêveur De l’égorger, afin d’ouïr plein de ferveur Son chant suprême? Alors, mais c’est une faveur Insigne? […]

Voici venir le Soir, doux au vieillard lubrique. — 1883 (10)

Jules Laforgue – Le sanglot de la terre La première nuit Voici venir le Soir, doux au vieillard lubrique. Mon chat Mürr accroupi comme un sphinx héraldique Contemple, inquiet, de sa prunelle fantastique Marcher à l’horizon la lune chlorotique. C’est l’heure où l’enfant prie, où Paris-lupanar Jette sur le pavé de chaque boulevard Ses filles […]

Devant l’ex-Napoléon-un — 1880 (23)

– Cabriol in L’Hydropathe Maurice Petit* Devant l’ex-Napoléon-un Il fait, le dimanche matin, Ronfler, sous une dextre main, Pour charmer maint, et maint et maint Nez d’argent, que jadis la treille Avait bourgeonné, mainte oreille, Aux oreilles de sourd pareille, L’orgue ! et pour cela j’appareille Au plus haut mat de perroquet, Le pavillon roux, bleu, […]

– ‘Et la vie, et l’amour, de mes voûtes profondes, — 1874 (6)

A. de Gagnaud (ed.) – Almanach du sonnet pour 1874 Une page – ‘Et la vie, et l’amour, de mes voûtes profondes, En d’innombrables feux s’épanchent sur les mondes: Le soir, au front penseur, au poète enfiévré, La lune doucement verse ses clartés blondes: L’étoile aime, et sourit au coeur énamouré. Roi du jour, le […]

Dans notre chambre, un jour, nos fenêtres bien closes, — 1872 (34)

–  Cabaner Souhait Dans notre chambre, un jour, nos fenêtres bien closes, Si tu veux, tous les deux, seuls, nous allumerons Deux longs cierges de cire, et nous reposerons, Sur un riche oreiller mol et blanc, nos deux fronts. Et sans avoir recours au parfum lourd des roses, Rien qu’avec les senteurs funèbres que ton […]

Oui, madame, je vois que vous êtes très-belle. — 1869 (27)

– Edouard Pailleron Amours et haines L’hirondelle Oui, madame, je vois que vous êtes très-belle. Madame, regardez là-haut cette hirondelle: Pour la grâce du vol, c’est un oiseau sans pair. N’est-elle pas jolie, alors que d’un coup d’aile, Dans les rayures d’ombre et dans le soleil clair, Elle passe en criant, vive comme l’éclair, La […]