Je ne veux pas savoir le nombre d’hématies — 1884 (15)

– coll. Le Parnasse Hippocratique – G.Camuset Chlorose – Sonnet médical Je ne veux pas savoir le nombre d’hématies Que la chlorose avare a laissé dans ton sang; Je ne veux pas compter sur ton front languissant Les pétales restés à tes roses transies. Pauvre enfant! le nerf vague aux mille fantaisies Donne seul à […]

Oui, ce monde est bien plat, quant à l’autre, sornettes. — 1883 (12)

Jules Laforgue – Le sanglot de la terre La cigarette Oui, ce monde est bien plat, quant à l’autre, sornettes. Moi, je vais résigné, sans espoir, à mon sort, Et pour tuer le temps, en attendant la mort, Je fume au nez des dieux de fines cigarettes. Allez, vivants, luttez, pauvres futurs squelettes. Moi, le […]

La tristesse, la langueur du corps humain — 1881 (6)

Paul Verlaine – Sagesse La tristesse, la langueur du corps humain M’attendrissent, me fléchissent, m’apitoient, Ah! surtout quand des sommeils noirs le foudroient, Quand des draps zèbrent la peau, foulent la main! Et que mièvre dans la fièvre du demain, Tiède encor du bain de sueur qui décroît, Comme un oiseau que grelotte sur un […]

Tandis que le rêveur, les paupières mi-closes, — 1879 (27)

Georges Perdrix in Le Tintamarre (décembre) Lyre & Crochet Tandis que le rêveur, les paupières mi-closes, Comme pour mieux voir ses rêves éblouissants, Préludant sur sa lyre, aux sonores accents Change le doux printemps, chante les fleurs écloses, Les nids et les berceaux des petits enfants roses ; Lorsque ses vers, pareils aux zéphirs caressants, Apportent […]

Rien n’est plus ennuyeux que ces villes banales — 1879 (5)

– Albert Glatigny – Oeuvres – Rien n’est plus ennuyeux que ces villes banales Débitant du soleil à faux poids, ou des eaux Qui doivent éclairer nos muscles et nos os, Pays d’albums usés, stations hivernales. Des princes vagabonds illustrent leurs annales; Les hôteliers hargneux combinent des réseaux, Et l’on voit fuir au loin la […]

La route est gaie. On est descendu. Les chevaux — 1879 (4)

– Albert Glatigny – Oeuvres – Halte de comédiens La route est gaie. On est descendu. Les chevaux Soufflent devant l’auberge. On voit sur la voiture Des objets singuliers jetés à l’aventure: Des loques, une pique avec de vieux chapeaux. Une femme, en riant, écoute les propos Amoureux d’un grand drôle à la maigre structure; […]

Le sonnet est parfois en ses quatorze vers — 1874 (20)

– Léon Duvauchel in L’Artiste Sur le sonnet Ma foi, c’est fait ! (Rondeau de Voiture) Le sonnet est parfois en ses quatorze vers Trop court pour contenir en entier ma pensée : Alors, comme une barque au hasard balancée, Elle chavire ou va, boiteuse, de travers. Elle voudrait aussi pour bornes l’univers, Lorsqu’aux mondes lointains elle […]

Les coquelicots noirs et les bleuets fanés — 1873 (17)

Charles Cros Le coffret de santal Avenir Les coquelicots noirs et les bleuets fanés Dans le foin capiteux qui réjouit l’étable, La lettre jaunie où mon aïeul respectable A mon aïeule fit des serments surannés, La tabatière où mon grand-oncle a mis le nez, Le trictrac incrusté sur la petite table Me ravissent. Ainsi dans […]

Absurde et ridicule à force d’être rose, — 1873 (14)

Charles Cros Le coffret de santal Révolte Absurde et ridicule à force d’être rose, A force d’être blanche, à force de cheveux Blonds, ondés, crêpelés, à force d’avoir bleus Les yeux, saphirs trop vains de leur métempsycose. Absurde, puisqu’on n’en peut pas parler en prose, Ridicule, puisqu’on n’en a jamais vu deux, Sauf, peut-être, dans […]

Ainsi qu’aux temps lointains où les Agonothètes* — 1872 (31)

Paul Arène et Alphonse Daudet – Le Parnassiculet Contemporain Theressa Ainsi qu’aux temps lointains où les Agonothètes* Provoquaient des jeux grecs les transports convulsifs, Tu trônes, Theressa dans l’Alcazar massif, Colonelle, au-dessus d’un océan de têtes. Salpinx** dont les éclats font cabrer les poètes, Sous ta lèvre s’agite un Lhomond subversif Et ton corps sidéral […]