J’ai fini de trébucher: adieu les essais — 1947 (5)

– Henri Thomas – Le monde absent Homo faber J’ai fini de trébucher: adieu les essais De l’âge ingrat, je foule allègrement la terre, Je vais, robot sacré, dans ma propre lumière, Ecoutant bourdonner mes rouages secrets. Mon cœur a son déclic, mon sexe est une roue, comme l’eau d’un moulin le sang la fait […]

Des croix basques décoraient la maison — 1946 (6)

– Armen Lubin Le passager clandestin Sanatorium dans les Hautes -Pyrénées Des croix basques décoraient la maison Où des choses élevées étaient en danger de chute. Les poitrinaires ne pensaient qu’à leurs minces cloisons Des leurs membres étendus amortissant les disputes. Au milieu d’une jeunesse restée à l’état larvaire Les outils nobles avaient été posés […]

J’abandonne ta chaîne et tes molles arcades, — 1937 (2)

– Tristan Derème La tortue indigo (Les sonnets de M. Polyphème Durand) D’un sonnet sans tête – …. Je voudrais, dit M. Polyphème Durand, vous soumettre, …, une pièce fugitive, une bagatelle, un rien, mais dont la forme est encore, je le crois, inconnue: c’est un quatrain suivi de deux tercets. – c’est un sonnet […]

Avec sa grande voix hâlée, — 1933 (1)

– Henri-Philippe Livet – Chants du prisme – Avec sa grande voix hâlée, Le matin chante dans les vergues; Le matin rit dans les huniers Aux mille mouettes en exergue. Il bondit la joue en plein feu, S’éclabousse d’azur limpide Et jette ses deux bras à Dieu Qui sur l’abîme se décide. Pour les pleureuses […]

O splendide, salut! Viens à moi qui t’appelle! — 1928 (2)

– Catherine Pozzi – Oeuvres poétiques Invocation O splendide, salut! Viens à moi qui t’appelle! Comme un songe, descends de l’Olympe sacré, Où depuis deux mille ans se languit ta beauté … Reviens! et que ton œil de nouveau étincelle! O mère des désirs, ô douleur, ô douceur, O souffrance adorée, plaisir profond, ô charme! […]

L’homme s’enfuit, le cheval tombe, — 1926 (3)

– Paul Eluard Capitale de la douleur Le jeu de construction A Raymond Roussel L’homme s’enfuit, le cheval tombe, La porte ne peut pas s’ouvrir, L’oiseau se tait, creusez sa tombe, Le silence le fait mourir. Un papillon sur une branche Attend patiemment l’hiver, Son cœur est lourd, la branche penche, La branche se plie […]

L’ombre noyait les bois. C’était un soir antique. — 1925 (3)

– Albert Samain Poèmes inachevés Améthyste L’ombre noyait les bois. C’était un soir antique. Les dieux puissants vaincus par le Dieu pathétique Après mille ans d’Olympe avaient quitté la terre, Et la syrinx pleurait dans Tempé solitaire. Sur la mer en émoi, vers l’orient mystique Une aube se levait. Pleins de souffles étranges Les chênes […]

Le pré est vénéneux mais joli en automne — 1913 (13)

– Guillaume Apollinaire Alcools Les Colchiques Le pré est vénéneux mais joli en automne Les vaches y paissant Lentement s’empoisonnent Le colchique couleur de cerne et de lilas Y fleurit tes yeux sont comme cette fleur-là Violâtres comme leur cerne et comme cet automne Et ma vie pour tes yeux lentement s’empoisonne Les enfants de […]