Le cœur sur l’arbre vous n’aviez qu’à le cueillir, — 1926 (2)

– Paul Eluard Capitale de la douleur Poèmes Le cœur sur l’arbre vous n’aviez qu’à le cueillir, Sourire et rire, rire et douceur d’outre-sens. Vaincu, vainqueur et lumineux, pur comme un ange, Haut vers le ciel, avec les arbres. Au loin, geint une belle qui voudrait lutter Et qui ne peut, couchée au pied de […]

Pélops, par l’épaule d’ivoire — 1924 (7)

– Tristan Derème La verdure dorée Pélops, par l’épaule d’ivoire Qui tous les maux guérit, M’arracheras-tu de l’esprit La face de ta gloire? Chaque aube annonce une victoire Que l’autre aube flétrit. Plus heureux celui qui n’écrit Et ne pense qu’à boire. Il est aux bois tièdes et verts Des jeunes femmes, et tes vers […]

Bruit qui ne s’énumère, et sous l’atone nue — 1920 (5)

– René Ghil – in Oeuvres Complètes Mer montante. Bruit qui ne s’énumère, et sous l’atone nue le rond soleil qui transparaît en point ardent d’où s’amasse la révolue cendre du soir désert, la Mer ne saurait d’éternel arrêter la respiration tûe de tous les hommes morts en trophées! arrivait de dessous l’horizon qui limite ma […]

Lundi huit février ma biche — 1915 (7)

– Guillaume Apollinaire Poèmes à Lou Sonnet du 8 février 1915 Lundi huit février ma biche Ma biche part Suis inquiet elle s’en fiche Buvons du marc Vrai qu’au service de l’Autriche (Patate et lard) Le militaire est très peu riche Je m’en fous car Il peut bien vivre d’Espérance Même il en meurt Au […]

Le Printemps et l’Automne ont mêlé leurs étreintes, — 1912 (7)

– Louis Mandin Ariel esclave Le Printemps et l’Automne Le Printemps et l’Automne ont mêlé leurs étreintes, Et leurs fruits et leurs fleurs, et la lumière de leurs yeux, Et sont partis dans l’ombre où, comme une âme sainte A l’horizon du soir s’élève une aurore sur eux. Et leurs baisers sont pleins de rayons […]

Dans sa forme attrayante, avec art modelée, — 1898 (15)

–  Matthew Russell (ed.) Sonnets on the Sonnet Le sonnet Dans sa forme attrayante, avec art modelée, Nous aimons le sonnet, concis et gracieux. Nous le voulons parfait : accents hamonieux, Œuvre finement ciselée. Elevant son essor vers la voute étoilée, Dont les astres sans nombre éblouissent nos yeux, Ainsi que l’ode il peut, dans l’infini […]

Emmi l’esseulement des joncs et des roseaux, — 1895 (14)

– Alban Roubaud Pour l’idole L’étang Emmi l’esseulement des joncs et des roseaux, L’étang vient d’endormir les frissons de sa moire Où flottaient mes désirs, voguant vers la nuit noire, Et le lune surgit et se mire en les eaux. Bonheurs enfuis, frêles oiseaux, Volez du fond de ma mémoire, Le nuit où mes espoirs […]