La vie, en ces jours, a moins de saveur. — 1895 (4)

– F.H. Baudry – Pauca Meis – sonnets – Pensées d’automne La vie, en ces jours, a moins de saveur. La fleur nous délaisse, après l’hirondelle, Le soleil aux yeux semble être infidèle: On devient rêveur. Au ciel les chrétiens cherchent leur Sauveur; Leur âme, à sa vue, ouvre mieux son aile,, Le monde et […]

Or puisque le veau d’or a lieu — 1894 (14)

– Verlaine Dédicaces (2ème ed.) A Léon Vannier Or puisque le veau d’or a lieu Et qu’on ne dirait plus du veau, Il nous fut d’abord prier Dieu Tout bonnement prodigieux. Pour nous ruer à des travaux Tout bonnement prodigieux, Prose au kilo, vers vrais ou faux, Qu’importe? Tant pis et tant mieux! Nouer et […]

Chacune de tes fleurs renferme dix baisers — 1887 (14)

– Julles Nollée in Revue de Paris et de Saint-Petersbourg A Mademoiselle ***, pour accuser réception d’une boite contenant des fleurs odorantes Chacune de tes fleurs renferme dix baisers Qui me sont destinés, dis-tu. Total : soixante ! Cette somme serait pour tout autre importante Et le mettrait au rang des amoureux aisés. Hélas ! de moi le […]

Le soleil verse aux toits des chambres mal fermées — 1886 (11)

– Germain Nouveau (ed. Pléiade) Smala Le soleil verse aux toits des chambres mal fermées Ses urnes enflammées; En attendant le kief, toutes sont là, pâmées, Sur les divans brodés de chimères armées; Annès, Nazlès, Assims, Bourbaras, Zalimées, En lin blanc, la prunelle et la joue allumées Par le fard, parfumées, Tirant des narghilés de […]

Pourquoi, dans ces bassins que le gouvernement — 1885 (5)

– Ernest d’Hervilly – Les bêtes à Paris – 36 sonnets – Les cygnes Pourquoi, dans ces bassins que le gouvernement Fait toujours en été vider complêtement, L’autorité met-elle avec acharnement Un cygne? Serait-ce pour permettre au poète rêveur De l’égorger, afin d’ouïr plein de ferveur Son chant suprême? Alors, mais c’est une faveur Insigne? […]

Elle te retient par un fil. — 1879 (19)

– L’Hydropathe Cabriol Sonnet captif à Sarah Bernhardt Elle te retient par un fil. Et, tournoyant tout autour d’elle Tu vas, tu vas, battant de l’aile, Admirant trois-quarts et profil. Elle te guette et sa prunelle T’envoie un doux rayon d’avril. Jettera-t-elle un grain de mil La charmeresse demoiselle ? Vole, vole, gazouille et chante ta […]

L’Académie en deux parts se divise: — 1876 (4)

– Emile Négrin – Les trente-six sonnets du poète aveugle – L’Académie française a.x.b+y.x.z= A L’Académie en deux parts se divise: L’une où du monde est connu chaque nom, Et qui, malgré sa gloire, n’est admise Dans le grand corps qu’après réflexion. L’autre où se voient des princes de l’Eglise, Entremêlés de princes de salon, […]

Je t’invoque, Sonnet ! Fi du poème énorme — 1873 (37)

– – Joseph Autran – Sonnets capricieux – Je t’invoque, Sonnet ! Fi du poème énorme Qui, de ses douze chants, assomme l’auditeur ! Sur le ton solennel que tout autre s’endorme, Toi, tu n’as pas le temps d’assoupir un lecteur. J’aime ton pas léger, j’aime ta mince forme ; Ayant si peu de corps, tu n’as pas […]

Tiens non! j’attendrai tranquille, — 1873 (27)

Tristan Corbière Les Amours jaunes Toit Tiens non! j’attendrai tranquille, Planté sous le toit, Qu’il me tombe quelque tuile, Souvenir de Toi! J’ai tondu l’herbe, je lèche La pierre, – altéré Comme la Colique-sèche De Miserere ! Je crèverai – Dieu me damne! – Ton tympan ou la peau d’âne De mon bon tambour! Dans […]