Je vous ai vue enfant, maintenant quand j’y pense, — 1843 (15)

Alfred de Musset in ed. pléiade des Œuvres poétiques

A Marie-Mennessier-Nodier

Je vous ai vue enfant, maintenant quand j’y pense,
Fraiche comme une rose et le cœur dans les yeux,
« Je vous ai vu bambin, boudeur et paresseux ;
Vous aimiez Lord Byron, les grands vers et la danse »

Ainsi me revenaient les jours de notre enfance,
Et nous parlions déjà le langage des vieux ;
Ce jeune souvenir riait entre nous deux,
Léger comme un écho, gai comme l’espérance.

Le lâche craint le temps parce qu’il fait mourir ;
Il croît son mur gâté lorqu’une fleur y pousse.
O voyageur ami, père du souvenir,

C’est ta main consolante, et si sage, et si douce,
Qui conserve à jamais un pas fait sur la mousse,
Le hochet d’un enfant, un regard, un soupir.

Q15  T21

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *