Tous les vieux bouquins dédaignés aux couvertures désolées — 1880 (17)

Narzale Jobert Klimax


XVI ter
Césure après la 8ème syllabe
Les livres parias

Tous les vieux bouquins dédaignés aux couvertures désolées
Avec des cornes, des frisons, où la poussière gîte en paix
Sont pour moi des amis touchants, et que je passe sur les quais.
Ma main les arrache à la pluie, au chaud soleil, aux giboulées.

Mon coeur soudain s’émeut devant leurs pantomimes accablées;
Je crois les entendre me dire: « o passant, vois, je n’ai pour dais
Que le firmament gris ou bleu, je n’ai point d’illustre palais;
Je t’en supplie, emporte-moi loin de ces cases maculées.

J’entends leurs voix, leurs cris plaintifs, je les reçois sous mon manteau,
Ainsi j’abrite dans le val contre l’autour le faible oiseau.
Et ces volumes inconnus, j’en dote ma bibliothèque.

Je vous préfère bien souvent aux plus vantés de nos écrits,
O mes pauvres auteurs obscurs! …lorsque mon esprit les dissèque,
Je trouve quelque fois en eux, une perle, un joyau de prix.

Q15 – T14 – 16s (8+8) (HN° frison : Nom d’un ancienne étoffe de laine

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