Dans le parallélisme où le destin l’accule, — 1888 (29)

Le Décadent

Résignation

Dans le parallélisme où le destin l’accule,
Le temps toujours égal coule en jeux inégaux,
Crépuscule, aube, aurore et grand jour, crépuscule,
Et puis la nuit, but ignoré des madrigaux.

Or, tandis que leurrés d’un songe ridicule,
Nous espérons des paradis dominicaux,
La vie indifférente autour de nous circule,
La Mort, sans lendemains, rit des soins médicaux.

Pour toi, rassasié des voluptés humaines,
Las du vin dégoûtant des amours et des haines,
Résiste à l’illusoire appétit des plaisirs.

Et, sobre des vils mets qu’on te jette en pâture,
Sâche, puisque le Sort a trompé tes désirs,
Borner ton Idéal à sa caricature.

Louis Pilate de Brinn’Gaubast

Q8 – T14

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