Ceux-ci, las de l’aurore et que tenta la vie, — 1902 (3)

Henri de Régnier La cité des eaux

Dédicace

Ceux-ci, las de l’aurore et que tenta la vie,
S’arrêtent pour jamais sous l’arbre qui leur tend
Sa fleur délicieuse et son fruit éclatant
Et cueillent leur destin à la branche mûrie.

Ceux-là, dans l’onyx dur et que la veine strie,
Après s’être penchés vers l’eau la reflétant,
Sur la pierre vivante et qui déjà l’attend
Gravant le profil vu de leur propre effigie

D’autres n’ont rien cueilli et ricanent dans l’ombre
En arrachant la ronce aux pentes de décombre,
Et leur haine est le fruit de leur obscurité.

Mais vous Maître, certain que toute gloire est nue,
Vous marchiez dans la vie et dans la vérité
Vers l’invisible étoile en vous-même apparue.

(A la Mémoire de Stéphane Mallarmé)

Q15 – T14 – banv

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